Comment lire un audiogramme tonal et vocal ?
Vous souhaitez vérifier votre audition ? Découvrez ce qu’est un audiogramme, comment il est réalisé et comment l’interpréter.
Résumé
- Un audiogramme est un graphique représentant les seuils auditifs d'une personne, exprimés en décibels (dB) selon différentes fréquences sonores (Hz).
- Il existe deux types : l'audiogramme tonal (sons purs) et l'audiogramme vocal (compréhension de la parole).
- La lecture repose sur deux axes : l'axe vertical (intensité en dB, de haut en bas) et l'axe horizontal (fréquences en Hz, de gauche à droite).
- La courbe rouge représente l'oreille droite, la courbe bleue l'oreille gauche.
- Une perte auditive est confirmée lorsque les seuils dépassent 20 à 25 dB.
- L'audiogramme peut être réalisé par un audioprothésiste ou un médecin ORL. Seul l'ORL peut délivrer une ordonnance pour la prise en charge par l'Assurance maladie

Qu'est-ce qu'un audiogramme ?
L'audiogramme, c'est à l'ORL ce que l'électrocardiogramme est au cardiologue : l'outil de référence pour mesurer et évaluer l'audition. Concrètement, c'est un graphique qui représente vos seuils auditifs, c'est-à-dire le niveau sonore minimal que vous parvenez à percevoir, pour différentes fréquences sonores.
L'examen est totalement indolore, dure une vingtaine de minutes en moyenne, et se déroule idéalement en cabine insonorisée pour éviter toute interférence avec les bruits extérieurs. Le résultat, c'est précisément ce graphique qu'on appelle "audiogramme".
Il en existe deux types, souvent réalisés lors du même bilan auditif :
- L'audiogramme tonal : mesure la perception de sons purs à différentes fréquences et intensités.
- L'audiogramme vocal : évalue la capacité à comprendre la parole, autrement dit l'intelligibilité.
Ces deux examens sont complémentaires. L'un mesure ce que vous entendez, l'autre ce que vous comprenez. Ce n'est pas la même chose (et c'est souvent là que les surprises arrivent).
Pourquoi réaliser un examen audiométrique ?
Le bilan auditif intervient en général lorsqu'un premier doute s'installe : vous montez le volume de la télévision plus haut qu'avant, vous avez du mal à suivre une conversation au restaurant, ou vos proches vous répètent souvent les mêmes phrases (oui, vous aussi).
L'audiogramme permet de :
- détecter une perte auditive, même légère
- identifier les fréquences concernées (graves, médiums, aigus)
- qualifier le type de surdité (transmission, perception ou mixte)
- évaluer l'impact réel sur la communication quotidienne
- orienter vers une solution adaptée : protection auditive, appareillage ou traitement médical
D'autres situations justifient aussi de consulter rapidement : acouphènes persistants, otites à répétition, exposition professionnelle au bruit, antécédents familiaux de surdité précoce, ou prise de médicaments dits "ototoxiques", néfastes pour l'oreille interne.
Bon à savoir : un test auditif en ligne peut constituer un premier indicateur, mais il ne remplace en aucun cas un examen réalisé en cabinet par un professionnel de l'audition.
Qui peut réaliser un audiogramme ?
Un audioprothésiste ou un médecin ORL sont tous deux habilités à réaliser un audiogramme. La nuance compte : seul le médecin ORL peut délivrer une ordonnance permettant la prise en charge de l'appareillage auditif par l'Assurance maladie et votre mutuelle.
Pour un premier bilan, commencer chez un audioprothésiste est tout à fait adapté. Mais si une solution prothétique est envisagée, un passage chez l'ORL sera indispensable pour déclencher le remboursement.
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Comment se déroule l'examen audiométrique ?
L'audiométrie tonale : mesurer les seuils auditifs
Pour faire simple : équipé d'un casque haute fidélité ou d'inserts (petites mousses placées dans le conduit auditif), vous écoutez des sons émis à des fréquences et intensités variables. À chaque son perçu, vous levez la main ou appuyez sur un bouton. L'examen teste chaque oreille séparément, des sons les plus graves aux plus aigus.
L'objectif est de déterminer votre seuil auditif : le niveau d'intensité le plus faible (exprimé en décibels) que vous parvenez à percevoir sur chaque fréquence (exprimée en hertz).
Deux mesures sont réalisées lors de ce test :
- La conduction aérienne : les sons passent par l'oreille externe et l'oreille moyenne. Elle permet de repérer une éventuelle surdité de transmission.
- La conduction osseuse : un vibrateur osseux posé derrière l'oreille transmet les sons directement à l'oreille interne, en court-circuitant l'oreille externe et moyenne. Elle permet d'identifier une surdité de perception.
La comparaison de ces deux courbes est fondamentale pour établir un diagnostic précis du type de surdité.
L'audiométrie vocale : évaluer la compréhension de la parole
Concrètement, ça donne quoi ? On vous demande de répéter des listes de mots diffusés à différents niveaux sonores. Ce n'est plus une question d'entendre un son pur, mais de le comprendre et de l'identifier.
L'audiométrie vocale mesure deux données clés :
- le seuil d'intelligibilité : le niveau sonore à partir duquel la parole devient compréhensible
- le score de reconnaissance des mots : le pourcentage de mots correctement identifiés
Deux personnes peuvent avoir des seuils auditifs tonaux similaires et des scores d'intelligibilité très différents. C'est pourquoi cet examen est systématiquement réalisé avant toute prescription d'aide auditive, il anticipe le bénéfice réel de l'appareillage.
Comment lire un audiogramme ? Comprendre les axes et les courbes
Les deux axes : décibels et fréquences
Voilà ce qu'il faut retenir : un audiogramme tonal se présente comme un graphique à deux axes.
L'axe vertical (de haut en bas) représente l'intensité sonore en décibels (dB). Le niveau 0 dB, tout en haut du graphique, correspond au son le plus faible qu'une personne à l'audition normale peut percevoir. Plus on descend sur cet axe, plus le son est fort. Autrement dit, plus votre courbe est basse sur le graphique, plus votre perte auditive est importante.
L'axe horizontal (de gauche à droite) représente les fréquences sonores en hertz (Hz). À gauche, les sons graves (tonnerre lointain, voix de basse, vrombissement de moteur). À droite, les sons aigus (gazouillis d'oiseaux, sifflements, sonneries). C'est un peu comme les touches d'un piano : plus on va à droite, plus les sons montent. Une conversation normale se situe entre 500 et 3 000 Hz.
Les courbes rouge et bleue : oreille droite et oreille gauche
La courbe rouge représente les résultats de l'oreille droite. La courbe bleue ceux de l'oreille gauche. Des symboles différents (carrés, croix, ronds) permettent de distinguer les mesures de conduction aérienne et de conduction osseuse sur chacune des oreilles.
Si les deux courbes se situent en dessous de 20 à 25 dB, l'audition est considérée comme normale. Dès que l'une d'elles descend au-delà de ce seuil, une perte auditive est confirmée. Il est tout à fait courant que les résultats diffèrent d'une oreille à l'autre, l'audiogramme est toujours bilatéral précisément pour cette raison.
Les niveaux de perte auditive sur l'audiogramme
L'audiogramme permet de classifier la perte auditive selon des niveaux standardisés. C'est une graduation qui permet au professionnel d'orienter la prise en charge.

Niveau de surdité | Seuil auditif |
Audition normale | 0 à 20 dB |
Surdité légère | 20 à 35 dB |
Surdité modérée | 35 à 50 dB |
Surdité modérément sévère | 50 à 65 dB |
Surdité sévère | 65 à 80 dB |
Surdité profonde | 80 à 95 dB |
Surdité totale | Au-delà de 95 dB |
Ces niveaux sont évalués fréquence par fréquence. Une personne peut afficher une audition normale dans les graves et une surdité modérée dans les aigus. Ce profil est d'ailleurs très fréquent dans la presbyacousie (perte auditive liée à l'âge).
Bon à savoir : la perte auditive débute le plus souvent par les hautes fréquences. Ce sont précisément ces fréquences qui portent les consonnes et les sifflantes, indispensables à la compréhension de la parole. D'où la sensation que les interlocuteurs "marmonnent" alors que les voix restent audibles. Si elle n'est pas prise en charge, cette surdité peut progressivement toucher les fréquences plus basses, isolant davantage la personne de son environnement sonore.
Quel type de surdité révèle l'audiogramme ?
La forme de la courbe audiométrique indique non seulement la sévérité, mais aussi l'origine physiologique de la perte auditive.
On distingue quatre profils :
- La surdité de transmission : liée à une atteinte de l'oreille externe ou moyenne (tympan, osselets). La courbe de conduction osseuse est normale, celle de conduction aérienne est abaissée. Certaines surdités de transmission sont corrigibles chirurgicalement.
- La surdité neurosensorielle (de perception) : atteinte de l'oreille interne (cochlée) ou des fibres nerveuses. Les deux courbes (aérienne et osseuse) sont abaissées et superposées. Elle requiert généralement un appareillage auditif.
- La surdité mixte : combinaison des deux précédentes. Les courbes sont abaissées mais écartées l'une de l'autre.
- La surdité neuronale : le nerf auditif ne transmet pas correctement le signal au cerveau, malgré une cochlée fonctionnelle.
Cette distinction est fondamentale pour orienter le traitement. Le même niveau de perte auditive peut nécessiter des prises en charge très différentes selon son origine.
Le seuil d'inconfort : une mesure que l'on oublie souvent
Lors de l'audiométrie tonale, le spécialiste peut également mesurer le seuil d'inconfort : le niveau sonore à partir duquel un son devient désagréable ou difficilement tolérable. L'intensité est augmentée progressivement jusqu'à ce que vous signalez une gêne.
Cette mesure permet d'évaluer la plage dynamique auditive, l'espace entre le plus faible son perçu et celui qui devient gênant. Elle est particulièrement utile pour régler les aides auditives avec précision et éviter les phénomènes de recrutement, fréquents dans les surdités de perception : une augmentation soudaine et anormale de la sensation sonore, qui peut rendre les sons forts très inconfortables.
Dans de rares situations, cette évaluation peut aussi être réalisée à partir de stimuli vocaux, notamment en cas de problématique particulière.
Que faire en cas de perte auditive confirmée ?
Si votre audiogramme révèle une perte auditive, la première étape est de consulter un médecin ORL. C'est lui qui pose un diagnostic complet, oriente vers un traitement si nécessaire, et délivre l'ordonnance permettant la prise en charge de l'appareillage par l'Assurance maladie.
Votre audioprothésiste prendra ensuite le relais pour choisir avec vous les aides auditives les mieux adaptées à votre profil auditif, à votre mode de vie et à vos besoins de communication quotidiens.
L'audition, ça se prend en charge. Et plus tôt on agit, plus on préserve la plasticité auditive du cerveau (ça change tout, croyez-nous).
Les examens complémentaires à l'audiogramme
Dans certains cas, l'ORL ou l'audioprothésiste peut prescrire des examens supplémentaires pour affiner le diagnostic et compléter le bilan auditif :
- La tympanométrie : évalue la mobilité du tympan et la pression dans l'oreille moyenne. Utile pour repérer un épanchement ou une dysfonction tubaire.
- Les otoémissions acoustiques (OEA) : mesurent les sons émis par l'oreille interne en réponse à une stimulation sonore. Elles renseignent sur le bon fonctionnement des cellules ciliées de la cochlée.
- Les potentiels évoqués auditifs (PEA) : enregistrent l'activité électrique du cerveau en réponse à des sons. Utilisés notamment chez les nourrissons, les personnes non coopératives, ou en cas de suspicion de surdité neuronale.
Ces examens viennent compléter l'audiogramme pour offrir une évaluation complète et fiable de la santé auditive.
Les informations contenues dans cet article sont uniquement destinées à des fins éducatives et informatives. Ces informations ne doivent pas remplacer l’avis d’un professionnel de la santé ni s’y substituer. Si vous avez des questions concernant votre santé, vous devez toujours consulter un médecin ou un autre professionnel de la santé.


